Voilà, j’ai repris le travail lundi dernier après 11 mois de « pause » de congé maternité puis de congé parental. Comme pour toutes les femmes qui sont passées par là (ou presque, il ne faut jamais généraliser !), cela a été un peu difficile de laisser ma louloute à la maison, surtout en ce moment.... elle a 9 mois, l’âge dit de l’ « angoisse de la séparation ». Bon, mais en maman connaisseuse et expérimentée puisque louloute est mon deuxième enfant, j’étais moi-même un peu moins angoissée que lorsque j’ai laissé mon premier. Et puis je m’y étais préparée à ce moment. Préparée à quitter ma fille vous me demanderez ? Non, pas tellement, cela ne m’a jamais véritablement angoissée. Bien sûr j’avais le cœur un peu serré en la laissant les premières fois à la nounou, j’étais inquiète en voyant comment elle vivait difficilement les premières séparations mais j’ai toujours su (c’est l’avantage du deuxième enfant) qu’avec le temps cela allait s’atténuer et finir par s’arranger. Et ce processus est effectivement en bonne voie !
Non, la préparation psychologique dont je parle c’est celle pour vivre le retour à mon bureau. Salariée d’une filiale dit « in-house » d’une grande institution française qui n’a d’ailleurs pas d’équivalent à l’étranger, j’ai toujours pensé que j’aurais la chance de vivre mes deux congés maternité dans de bonnes conditions. Naïve... Naïve de croire que nous sommes en 2012 et que les mentalités ont évoluées. Naïve de croire qu’avec toutes les mesures mises en place pour protéger les femmes de discrimination dans le dur monde du travail, je n’avais rien à craindre en partant en congé maternité. Très naïve de croire qu’ayant un management exclusivement féminin au sein du département dans lequel je travaille, les choses seraient d’autant plus facile (mais oui, elles ont toutes déjà vécu la même chose que moi !). Naïve de croire qu’étant intelligente, compétente, fiable et diplômée (et ce ne sont pas mes seules qualités), j’étais à l’abri de ce qu’il m’arrive aujourd’hui.
J’ai perdu cette naïveté après mon premier retour de congé maternité que j’aurais sûrement l’occasion de vous le raconter un de ces jours. Mais en retournant au bureau lundi matin, je savais exactement à quoi m’attendre. Heureusement. Car sans s’y préparer, je pense que le choc peut être dur à encaisser. Voilà, cette fois-ci, je m’y suis préparée, je suis forte, je suis sûre de moi, je suis lucide. Mais ce n’est pas pour autant que je vais faire semblant que tout va bien et que c’est une situation normale. Je ne suis pas la première et certainement pas la dernière à vivre cette situation mais une chose est sûre, cette situation n’est pas normale. Cette situation n’est pas humaine, cette situation n’est pas juste. Ce n’est pas acceptable. J’ai fait un enfant, je reviens et on m’affirme que rien n’a changé – la loi oblige – sous couvert que j’ai toujours le même salaire et que je compte toujours comme un ETP dans les effectifs de la société.
Et pourtant...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire