dimanche 7 octobre 2012

Le premier jour (3/3)

La conversation avec ma responsable a été fort intéressante. Sociologiquement intéressante.
Tout d'abord elle m'a affirmé, sans rougir, que rien ne s'était passé pendant mon absence, que personne n'avait suivi ce dossier et que par conséquent elle ne savait pas où cela en était. Et dire que ce dossier était soit disant stratégique avant que je parte... et qu'on m'a laissée travailler dessus pendant 10 mois avant mon départ alors que le projet était "mort" dans l'entreprise. Il faut souligner, car je ne l'ai pas mentionné avant, que l'on m'a confié ce projet au retour de mon premier congé maternité...

Mon rendez-vous avec elle a fini par durer 1h pendant laquelle j'ai quand même été obligée d'entendre que l'entreprise n'avait pas arrêtée pendant mon absence, qu'"ils" avaient vécu des moments très difficiles et que c'était comme ça. "Oui, je sais ce n'est pas évident de revenir, j'ai vecu ça 3 fois..." me dit-elle. Et je lui réponds simplement que je pensais que les choses avaient quelque peu évoluées ces dernières années avec tout ce que l'on fait ou essaie de faire pour protéger les femmes dans l'entreprise. "Mais ce n'est pas du tout une question du statut de la femme dans l'entreprise, un homme serait parti en congé longue durée ce serait pareil".   Oui, mais un homme qui part en congé longue durée c'est pour faire le tour du monde. Moi je ne suis pas allée me balader et si je voulais avoir des enfants, comment dire, je n'avais pas trop le choix de partir ou pas. Je pense donc bien qu'au contraire il s'agit complètement d'une question de statut de la femme dans l'entreprise mais on ne va pas rentrer dans ce débat là."

Alors voilà, elle m'a dit de faire de la prospection sur le sujet en lien avec mon projet pour voir s'il y avait là matière à garder un "pôle" sur cette thématique dans son équipe. De quoi m'occuper ou de quoi dire que je suis occupée. Et hop, un problème de moins, on passe à autre chose. Et moi, et bien moi ça va. Enfin, j'étais quand même contente de rentrer chez moi lundi soir. Je suis partie tôt, je suis allée chercher mon fils à la crèche et je me rends compte que c'est ça qui compte. C'est ça la vraie vie. Et c'est vraiment dommage qu'on inflige aux jeunes mamans une telle épreuve en rentrant dans l'entreprise. On est mère, on est forte, on a une énergie débordante et en ce qui me concerne j'ai envie de travailler. De produire, de faire, d'aider, de contribuer, de collaborer. Et au lieu d'utiliser ça, de transformer cette énergie en puissance pour l'entreprise, on ne m'accueille pas, on me met dans un bureau à 3, on fait comme si je n'étais pas là, on me traite comme un problème.

Je m'étais psychologiquement prépaprée à ce retour. Heureusement. Car c'est tout de même très violent et ça peut faire très mal. Mais je vais bien. Je suis au-dessus de ça. A voir pendant combien de temps cela ne m'atteindra pas.

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